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Le Medicine de l'Ours
(Bear
Medicine)

"Viens
vers moi maintenant mon frère
un ours m’a dit comment, alors
Ami vient vers moi maintenant,
Viens voir
toutes ces guérisons.
Viens voir ces guérisons,
Frère Ours m’a dit comment."
Eagle Shield, 1914
Un mythe Yavapai, nous dit qu’à l’aube du temps, le
premier grand Chaman était l’Ours et dans les contes racontés par
les tribus subarctiques de l’ouest, l’Ours est dépeint comme un
chaman animal qui utilise ses pouvoirs pour faire des prédire le
futur.
Le Chamanisme
est fondé sur les voyages dans "d’autres mondes" pour rechercher
l’aide des esprits guides et des aides, qui prennent tant la forme
humaine qu’animale. Les ours vivent sur la terre au cours des mois
chauds et sous la terre, en hibernation, l’hiver. Pour de nombreuses
cultures chamaniques ceci représente un liminal, ou état
transitionnel, et est souvent comparé aux rites d’initiation des
chamans. De plus, sa capacité à "voyager" au dessus et en dessous de
la terre est symbolique du renouveau et de la renaissance.
Dans de
nombreuses cultures chamanique, un chaman qui est guidé par l’esprit
de l’Ours est considéré comme très puissant et certains pensent même
que les ours et les chamans ne font qu’un.
‘Whu!
Ours!
Whu Whu!
Comme tu dis
Whu Whu Whu!
Tu viens.
Tu es un bon
jeune homme
Toi
Grizzly Bear Medicine
Tu sors de ta fourrure.
Tu viens.
Je dis Whu Whu
Whu!
Je jette de la graisse dans le feu.
Pour toi,
Grizzly Bear
Nous ne faisons qu’un !’
(Chanson de médecine Tlingit citée par David Cloutier)
Les ours et
les chamans traditionnels tendent tous deux à être assez solitaires
: beaucoup de chamans passent beaucoup de temps seul dans la
nature, à la recherche de la sagesse et de la connaissance
spirituelle. Au début du 20ème siècle, un chaman
esquimau du nom de Igjugarjuk a dit à Knud Rasmussen, un explorateur
danois :
“ On ne peut
trouver la vraie sagesse que loin des hommes, là-bas dans la grande
solitude, et on ne la trouve pas en s’amusant mais en souffrant. La
solitude et la souffrance ouvrent l’esprit d’une personne aux choses
invisibles, un chaman doit donc chercher la sagesse là-bas."
De nombreuses
tribus nord-américaines ont pendant longtemps considéré l’ours comme un
animal guérisseur, et ont naturellement rattaché cette croyance aux
capacités de soins de leurs chamans. Presque toutes les tribus des
plaines pensent que les chamans qui utilisent la
Médecine
de l’Ours sont les plus puissants de tous. Ces tribus incluent les
Lakotas, les Yanktonais, les Assiniboins, les Pawnees, les Blackfeets,
les Cheyennes, les Poncas, les Mandans, les Arapahos, et les Iowa. Cette
croyance est aussi partagée par de nombreuses tribus vivant dans les
bois et les prairies de l’Est telles que les Potawatomi, Winnebago,
Huron, Fox, Cree, and Objibwa.
Dans
le sud-est des Etats-Unis, le mot Pueblo pour les chamans qui soignent
les malades est le même que celui pour désigner “ours”.
Ce qui est encore
plus intéressant, c’est que les ours ont tenu un rôle important dans de
nombreuses autres cultures bien au-delà de l’Amérique du Nord, des
endroits aussi éloignés que l’Angleterre, la Grèce, la Suède et à
travers la plus grande partie de l’Asie du Nord. Dans tous ces endroits
et dans d’autres, les Ours ont été vénérés et considérés presque comme
des Dieux, parfois même en tant que synonyme de la Mère Terre, et bien
souvent, ils étaient considérés comme de puissants guérisseurs.
Les racines et les
plantes ont toujours été utilisées pour soigner. Les Cheyennes
font un thé fort à base de feuilles de mille-feuille (Ya rrow) pour
soigner les rhumes ; ils utilisent une racine appelée « nourriture de
l’ours » pour soigner la diarrhée.
Dans
l’Ouest, le nom botanique pour le mille-feuille est Achillea
millefoliumm, dérivé du personnage mythique grec, Achilles, qui
, dit-on, l’avait emporté au combat pour soigner les plaies de ses
soldats lors des batailles. La partie de la plante la plus active
médicalement sont les extrémités fleuries qui ont un léger effet
stimulant et qui ont été utilisées comme tabac à priser.
Aujourd’hui, le mille-feuille est apprécié principalement pour son
action contre le rhume et la grippe, et aussi pour ses effets sur le
système circulatoire, digestif, et urinaire.
Les Crows
utilisent le Kinnikinnick pour traiter les aphtes.
fLe
fruit de la plante est comestible, et aujourd’hui, beaucoup de gens
l’utilise pour ses propriétés astringentes et diurétiques, pour soulager
des maladies implicant des inflammation des voies urinaires et
digestives ; le fruit de la plante est comestible, et aujourd’hui,
beaucoup de gens l’utilise pour ses propriétés astringentes et
diurétiques, pour soulager des maladies implicant des inflammation des
voies urinaires et digestives
;
ils
mâchent des “racines d’ours”
(Ligusticum
porteri)
pour soigner les
maux de gorges et
les congestions pulmonaires. La “Racine d’Ours” fait
parties de la famille du persil et est très difficile à cultiver : il
est aussi connu sous d’autres noms parmi lesquels Oshà, chuchupate,
persil sauvage ou encore ginseng de montage ou médecine de l’ours. Les
herboristes modernes recommandent cette plante pour soigner les spasmes,
augmenter la digestion et accroître la transpiration.
Certaines formes
de « racines d’ours » peuvent favoriser l’entrée en transe et
elles
sont utilisées par les guérisseurs Pueblo pour « voir » où se situent
les problèmes médicaux ; ensuite la plante est administrée au patient
pour soigner le problème.TToutes
ces plantes, et beaucoup d’autres utilisées par des chamans, sont
recherchées et
consommées par les ours.
“Une
racine d’herbe tu mangeras,
elle se trouve à cet endroit,
Un Ours m’a dit. "
(Chanson médecine
Lakota citée par Frances Densmore)
Le pouvoir et la valeur
de Bear Medicine est claire. Dans un récit
sur
le Lakota Bear Doctor, Eagle Shield, Frances Densmore nous raconte qu’au
début des années 1900 un Indien essaya de se suicider dans la
réservation « Standing Rock Reservation » en se tirant une balle dans le
côté. La balle manqua son cœur mais endommagea son omoplate. Il avait
survécu à sa tentative de suicide mais son bras était totalement
paralysé. Deux docteurs blancs lui dirent qu’il ne retrouverait jamais
l’usage de son bras et recommandèrent l’amputation. L’Indien refusa et
demande l’aide de Eagle Shield qui le traita avec du mille-feuille, des
chansons et des rituels. L’homme retrouva l’usage complet de son bras et
paya Eagle Shield $100 plus une
nouvelle tente
blanche, un revolver et un bœuf ! La bonne nouvelle c’est
qu’aujourd’hui, même sans tenir compte de l’inflation, un soin
chamanique coûte bien moins cher que ça !
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